Les premières observations majeures pour la compréhension de la résilience ont été effectuées sur des enfants vivant de l’adversité chronique. Par la suite, l’étude de la résilience a impliqué des adultes et des personnes âgées, la résilience faisant l’objet de suivis longitudinaux et étant abordée dans une perspective cycle de vie. En même temps, les situations dans lesquelles la résilience fut étudiée se sont diversifiées, s’inscrivant aussi bien dans le registre des événements traumatiques que de l’adversité chronique.
Si dans les études initiales l’accent était mis sur la résilience individuelle et sur les caractéristiques personnelles qui la facilitent, très rapidement il est devenu évident que de nombreux facteurs liés à la famille et à l’environnement, en général, interviennent dans le processus qui est à la base de la construction de la résilience. En parallèle, il est devenu clair que les familles, les communautés et les sociétés vivant de l’adversité chronique ou soumises à des événements traumatiques peuvent s’avérer résilientes. Se sont, ainsi, constitués les domaines de la résilience familiale, de la résilience communautaire et depuis peu, de la résilience sociétale.
L’extension rapide de l’utilisation du concept de résilience n’est pas sans engendrer des questions. Cette extension comporte-t-elle des risques? Contribue-t-elle à une banalisation, à la dilution du concept de résilience? Ou témoigne-t-elle de son essor, de sa richesse ou de sa valeur heuristique? Quelles sont les conséquences pour la théorie de la résilience? Quelles sont les conséquences pratiques? En réunissant des praticiens et des chercheurs qui travaillent sur la résilience individuelle (abordée dans la perspective cycle de vie), sur la résilience familiale, communautaire et sociétale, le deuxième Congrès mondial se propose d’apporter des réponses à ces différentes questions et de faire avancer nos connaissances dans le domaine. Il contribuera, ainsi, au progrès de l’étape actuelle dans l’évolution de la recherche sur la résilience – désignée comme la quatrième vague – étape qui se caractérise par l’analyse, à de multiples niveaux, de comment se façonne la résilience.
Serban IONESCU
Psychiatre et psychologue
Professeur émérite
Université Paris 8
Université du Québec à Trois-Rivières
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